Tuxedo La Chenille
Au sud de la grande métropole bruyante, où poussent des immeubles en béton, existe une contrée paisible et verdoyante. Encore plus au sud de cette contrée majestueuse, le long du fleuve qui borde la métropole, se trouve Sorel. Dans cette ville est né en rugissant modestement un chaton au manteau noir enfilé sur ce qu’on dirait une chemise blanche. Son nom ? Tuxedo.
Tout a commencé avec Agatha, mère de Tuxedo. Agatha, c’est la chatte de Michaël, ami de Sarah, mon amie. La minoune de Michaël s’était laissée séduire par un minou qui errait dans le quartier un soir où Agatha prenait une marche de santé sous un ciel étincelant d’étoiles.
Les chats eurent l’un pour l’autre un coup de foudre immédiat. Bien que leur passion n’ait finalement été que spontanée et éphémère, comme ce l’est parfois dans les grandes histoires d’amour, cette fougue nocturne a toutefois permis à quatre mignons chatons de naître vers la fin janvier 2011. Dans cette portée, ouvraient leurs prunelles bleutées sur l’éblouissant monde de la vie Quart, TDAH, Beige (maintenant « Joey », chat de Sarah) et Tuxedo.
Michaël ne pouvait pas loger ces chatons supplémentaires, ce qui aurait exigé beaucoup trop de son déjà grand coeur. En revanche, il s’est donné pour mission de trouver aux bébés d’Agatha et de Qwerty, leur père adoptif, de bonnes familles d’adoption. On souhaitait ces dernières chaleureuses, aimantes et généreuses pour faire grandir les rejetons. Et, heureusement, nous répondions parfaitement à ces critères.
Tuxedo est débarqué chez nous, dans la grande métropole bruyante, à bord d’une voiture, celle de Michaël. Ça nous faisait tout drôle, un chat en voiture, puisque en ville, on se véhicule beaucoup en transport en commun. Or, à peine sorti de son engin à essence, notre chaton tout neuf a décidé de s’aventurer notre appartement et d’en renifler tous ses racoins pour en répertorier les odeurs. Puis, il s’est caché dans le fond garde-robe sombre pour assimiler le changement de décor et faire le classement des parfums qu’il venait de prélever un peu partout dans sa nouvelle demeure.
Au départ, Tux ne portait pas encore le nom de famille de « La Chenille ».
Tuxedo venait d’une contrée paisible et verdoyante, au sud de Montréal. Par-delà le fleuve, on pouvait aisément chasser les papillons et jouer avec les coccinelles. La maman de Tux, Agatha, lui avait fait découvrir ces joyaux aux carapaces multicolores, aux ailes bigarées et aux pattes chamoirées que sont les insectes de la faune. Tuxedo, chat cultivé et bien éduqué, avait également appris que, pour témoigner son affection à ses maîtres, il pouvait faire trois choses bien précises :
1) offrir son ventre à gratter,
2) lécher la main de celui (ou de celle) qui le caresse
3) et offrir un trophée de chasse à ses maîtres.
Notre chaton semblait heureux dans son nouvel environnement. J’irais même jusqu’à dire qu’il nous a adoptés tout de suite. Et, rapidement, il a décidé de nous faire un cadeau pour nous communiquer son amour. Ne manquait plus que de trouver une bestiole à offrir...
Malheureusement, dans notre appartement, il n’y avait ni papillon, ni coccinelle, ni même araignée. Son nouveau logis avait été lavé de la faune naturelle que Tux connaissait. Mais obstinée, la bête féline s’efforça tout de même de rechercher quelque chose, un trésor, à nous donner.
À l’époque, Tuxedo était à peine haut comme... deux pommes. Et tout aussi long. Sa petitesse lui permettait donc de s’infiltrer un peu partout. Il aimait explorer la commode, par exemple, et voyager librement d’un tiroir à l’autre. Je ne pourrais d’ailleurs pas dénombrer toutes les fois où nous avons dû laisser les tiroirs ouverts avant de partir pour le travail pour permettre à la taupe de sortir de ses tunnels improvisés. Aussi, ce sont alors les tiroirs de la commode que Tux a choisi de fouiller en premier. Mais il ne trouvait toujours rien de bon à se mettre sous la patte.
Où Tuxedo était né, le fleuve était bordé non pas de raffineries mais d’arbres, qui regorgeaient de bibittes grouillantes. Notre animal a donc décidé d’explorer notre logement en hauteur. Il a escaladé tous les meubles. La bibliothèque et les armoires de la cuisine étaient vraisemblablement ses sommets favoris. Bref, il a bravé des hauteurs vertigineuses et pourtant, il ne dénichait toujours pas le moindre poisson d’argent. Pauvre bête ! Car la conquête de ces sommets n’était pas sans heurts ; elle s’accompagnait immanquablement de miaulements de détresse. Chaque fois, nous volions à sa rescousse en la prenant dans les bras pour la redescendre sur le sécuritaire plancher des vaches. Or, malgré tout ce mal que Tuxedo s’est donné, il ne trouvait rien de bon à se mettre sous la patte.
Ce n‘est qu‘enfin, après une longue journée de chasse sur le balcon, que Tuxedo a finalement mis la patte sur quelque chose d’acceptable. Il était fou de joie ! Néanmoins, il s’est efforcé de contenir son enthousiasme débordant pour éviter de nous offrir son cadeau précipitamment. Il fallait attendre le bon moment, car ce trophée devait être offert en grandes pompes à la toute fin de la journée. Ainsi clorerait-il sa folle aventure de chasse de plusieurs semaines.
Le soir venu, nous trouvions notre animal domestique bien tranquille. Habituellement, Tuxedo faisait preuve d’une grande curiosité et d’un désir immensurable d’être avec nous. Aussi, lorsque nous préparions un repas, il plantait ses griffes dans notre jean et escaladait notre vêtement pour grimper sur le comptoir et se joindre, lui aussi, à la préparation des aliments. Et il surveillait nos faits et gestes scrupuleusement. Si nous avions le malheur de jeter une retaille à la poubelle plutôt qu’au composte, il dégrimpait notre pantalon, repérait dans la poubelle ce que nous venions d’y jeter et miaulait avec force toute sa réprobation. Mais ce soir-là, rien. Notre grimpeur poilu jouait gentiment dans le salon avec ses souris aux plumes irisées.
Il faut dire que de ces souris, il en était fou. Si fou qu’il s’élançait à leur poursuite après que nous les lui ayons lancées pour nous les rapporter afin que nous les lui relancions. Hé oui ! Ce chat, qui a du chien, rapportait. Et sa course était si folle que, bien souvent, c’est le mur qui le stoppait net, notre chaton écervelé.
Or, au coucher, nous allions découvrir le pot-aux-roses. Nous avions lavé nos visages, nos pieds et nos dents. Nous avions peigné nos tignasses chevelues et enfilé nos pyjamas. Une autre journée se terminait, et une bonne fatigue nous alourdissait. C’est au moment de nous mettre enfin au lit que nous avons découvert ce que notre chat nous avait concocté. Assis sur le pas de la porte, il guettait fièrement quelque chose. Quelque chose sur notre lit. En fait, sur notre oreiller, plus précisément, reposait en se dandinant grassement une chenille. Surpris, nous nous sommes regardés, les yeux tout écarquillés. Puis, nous avons jeté un coup d’oeil au chat. Nous espérions qu’il s’explique. Tuxedo venait ainsi de nous dire : « Je vous aime. » Et il restait là, sur le pas de la porte, assis sagement en affichant un air satisfait.

C’est depuis ce jour que notre chat s’appelle non seulement Tuxedo, mais « Tuxedo La Chenille ».
Tout a commencé avec Agatha, mère de Tuxedo. Agatha, c’est la chatte de Michaël, ami de Sarah, mon amie. La minoune de Michaël s’était laissée séduire par un minou qui errait dans le quartier un soir où Agatha prenait une marche de santé sous un ciel étincelant d’étoiles.
Agatha, mère de Tuxedo
Michaël ne pouvait pas loger ces chatons supplémentaires, ce qui aurait exigé beaucoup trop de son déjà grand coeur. En revanche, il s’est donné pour mission de trouver aux bébés d’Agatha et de Qwerty, leur père adoptif, de bonnes familles d’adoption. On souhaitait ces dernières chaleureuses, aimantes et généreuses pour faire grandir les rejetons. Et, heureusement, nous répondions parfaitement à ces critères.
Tuxedo et ses frères et soeurs
Au départ, Tux ne portait pas encore le nom de famille de « La Chenille ».
Tuxedo venait d’une contrée paisible et verdoyante, au sud de Montréal. Par-delà le fleuve, on pouvait aisément chasser les papillons et jouer avec les coccinelles. La maman de Tux, Agatha, lui avait fait découvrir ces joyaux aux carapaces multicolores, aux ailes bigarées et aux pattes chamoirées que sont les insectes de la faune. Tuxedo, chat cultivé et bien éduqué, avait également appris que, pour témoigner son affection à ses maîtres, il pouvait faire trois choses bien précises :
1) offrir son ventre à gratter,
2) lécher la main de celui (ou de celle) qui le caresse
3) et offrir un trophée de chasse à ses maîtres.
Notre chaton semblait heureux dans son nouvel environnement. J’irais même jusqu’à dire qu’il nous a adoptés tout de suite. Et, rapidement, il a décidé de nous faire un cadeau pour nous communiquer son amour. Ne manquait plus que de trouver une bestiole à offrir...
Malheureusement, dans notre appartement, il n’y avait ni papillon, ni coccinelle, ni même araignée. Son nouveau logis avait été lavé de la faune naturelle que Tux connaissait. Mais obstinée, la bête féline s’efforça tout de même de rechercher quelque chose, un trésor, à nous donner.
À l’époque, Tuxedo était à peine haut comme... deux pommes. Et tout aussi long. Sa petitesse lui permettait donc de s’infiltrer un peu partout. Il aimait explorer la commode, par exemple, et voyager librement d’un tiroir à l’autre. Je ne pourrais d’ailleurs pas dénombrer toutes les fois où nous avons dû laisser les tiroirs ouverts avant de partir pour le travail pour permettre à la taupe de sortir de ses tunnels improvisés. Aussi, ce sont alors les tiroirs de la commode que Tux a choisi de fouiller en premier. Mais il ne trouvait toujours rien de bon à se mettre sous la patte.
Où Tuxedo était né, le fleuve était bordé non pas de raffineries mais d’arbres, qui regorgeaient de bibittes grouillantes. Notre animal a donc décidé d’explorer notre logement en hauteur. Il a escaladé tous les meubles. La bibliothèque et les armoires de la cuisine étaient vraisemblablement ses sommets favoris. Bref, il a bravé des hauteurs vertigineuses et pourtant, il ne dénichait toujours pas le moindre poisson d’argent. Pauvre bête ! Car la conquête de ces sommets n’était pas sans heurts ; elle s’accompagnait immanquablement de miaulements de détresse. Chaque fois, nous volions à sa rescousse en la prenant dans les bras pour la redescendre sur le sécuritaire plancher des vaches. Or, malgré tout ce mal que Tuxedo s’est donné, il ne trouvait rien de bon à se mettre sous la patte.
Ce n‘est qu‘enfin, après une longue journée de chasse sur le balcon, que Tuxedo a finalement mis la patte sur quelque chose d’acceptable. Il était fou de joie ! Néanmoins, il s’est efforcé de contenir son enthousiasme débordant pour éviter de nous offrir son cadeau précipitamment. Il fallait attendre le bon moment, car ce trophée devait être offert en grandes pompes à la toute fin de la journée. Ainsi clorerait-il sa folle aventure de chasse de plusieurs semaines.
Le soir venu, nous trouvions notre animal domestique bien tranquille. Habituellement, Tuxedo faisait preuve d’une grande curiosité et d’un désir immensurable d’être avec nous. Aussi, lorsque nous préparions un repas, il plantait ses griffes dans notre jean et escaladait notre vêtement pour grimper sur le comptoir et se joindre, lui aussi, à la préparation des aliments. Et il surveillait nos faits et gestes scrupuleusement. Si nous avions le malheur de jeter une retaille à la poubelle plutôt qu’au composte, il dégrimpait notre pantalon, repérait dans la poubelle ce que nous venions d’y jeter et miaulait avec force toute sa réprobation. Mais ce soir-là, rien. Notre grimpeur poilu jouait gentiment dans le salon avec ses souris aux plumes irisées.
Il faut dire que de ces souris, il en était fou. Si fou qu’il s’élançait à leur poursuite après que nous les lui ayons lancées pour nous les rapporter afin que nous les lui relancions. Hé oui ! Ce chat, qui a du chien, rapportait. Et sa course était si folle que, bien souvent, c’est le mur qui le stoppait net, notre chaton écervelé.
Or, au coucher, nous allions découvrir le pot-aux-roses. Nous avions lavé nos visages, nos pieds et nos dents. Nous avions peigné nos tignasses chevelues et enfilé nos pyjamas. Une autre journée se terminait, et une bonne fatigue nous alourdissait. C’est au moment de nous mettre enfin au lit que nous avons découvert ce que notre chat nous avait concocté. Assis sur le pas de la porte, il guettait fièrement quelque chose. Quelque chose sur notre lit. En fait, sur notre oreiller, plus précisément, reposait en se dandinant grassement une chenille. Surpris, nous nous sommes regardés, les yeux tout écarquillés. Puis, nous avons jeté un coup d’oeil au chat. Nous espérions qu’il s’explique. Tuxedo venait ainsi de nous dire : « Je vous aime. » Et il restait là, sur le pas de la porte, assis sagement en affichant un air satisfait.

C’est depuis ce jour que notre chat s’appelle non seulement Tuxedo, mais « Tuxedo La Chenille ».

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